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L'orthorexie : un trouble du comportement alimentaire peu connu

Qu'est-ce que l'orthorexie ? C'est cette addiction à la nourriture saine qui peut vous rendre "malade" ? un entretien avec Laurence MYR de l'AFP L'homme a passé plus d'une heure dans les allées de nou...

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Inès Adour
· màj 29 avril 2026

Qu'est-ce que l'orthorexie ? C'est cette addiction à la nourriture saine qui peut vous rendre "malade" ?

un entretien avec Laurence MYR de l'AFP L'homme a passé plus d'une heure dans les allées de nourriture pour étudier les ingrédients de chaque article, mâchant 50 fois afin de donner l'impression à son cerveau qu'il devrait consommer plus de nourriture : l'orthorexie, ou le désir de manger sainement, a le vent en poupe à l'ère de la mode "saine". Qu'est-ce qui peut rendre ce trouble alimentaire néfaste ? Nous examinons les risques. À l'heure actuelle, il n'existe pas de consensus scientifique concernant l'orthorexie. Les deux opinions les plus populaires consistent à la classer parmi les troubles alimentaires ou les troubles obsessionnels compulsifs. L'orthorexie reste à l'étude et peut être identifiée à l'aide du test en dix questions conçu par Steven Bratman, un médecin américain qui a donné son nom au trouble dont il souffrait en 1995.

Un orthorexique peut ne pas souhaiter perdre de poids.

" Si le patient est capable de distinguer les aliments sains des aliments malsains ou si des émotions intenses, parfois de façon disproportionnée, l'incitent à manger des aliments malsains et ont un impact sur sa vie quotidienne, alors il est probable qu'il souffre d'orthorexie ",résume Alexandre Chapy psychologue à Montpellier (Hérault). L'orthorexie est une "proximité" avec l'anorexie, précise Alexandre Chapy qui précise qu'il ne s'agit pas de la même chose, mais qu'il existe une différence nette entre les deux pathologies : "Une orthorexique ne désire pas perdre de poids", alors que c'est le but premier d'une anorexique.

Régimes stricts

"Les personnes orthorexiques accordent moins d'importance à l'apparence de leur corps mais elles considèrent leur corps sous l'angle de leur santé ", analyse Laurence Myr, diététicienne experte à Fumel dans le Lot-et-Garonne. Au-delà de la motivation à rester en bonne santé, " ils ont peur d'être empoisonnés par les pesticides, ou par la nourriture, ou de mourir d'un cancer ", explique Alexandre Chapuy. Ils suivent des régimes stricts qui n'ont rien de néfaste en soi "dans la mesure où vous n'avez pas de problèmes de santé, vous ne vous sentez pas isolé et votre santé n'est pas affectée négativement",souligne le psychologue. Pour Laurence Myr, en revanche, ceux qui suivent un régime spécifique en évitant certains types d'aliments pourraient "être plus susceptibles de développer un trouble du comportement alimentaire ".

"Troubles sociaux"

"Le développement d'un comportement strict extrême, comme le fait un orthorexique, peut entraîner des troubles sociaux", alimentés par les "pratiques saines (saines) promues sur les médias sociaux qui peuvent conduire au tournant"vers un comportement obsessionnel néfaste, dit-elle. En particulier à la lumière des nombreux scandales alimentaires, dont la contamination récente de pizzas ou de chocolat par des bactéries, la confiance des consommateurs est extrêmement réduite. La diététicienne Laurence Myr note une "augmentation de ses patients" souffrant d'orthorexie. Cependant, les statistiques officielles concernant l'ampleur du trouble dans le monde ne sont pas disponibles en raison de l'absence d'un diagnostic spécifique. Cependant, elle a observé une augmentation du nombre de " sportifs, chercheurs en santé, étudiants ou diététiciens " qui travaillent avec la nourriture.
Rédigé par

Inès Adour

<p>Je m'appelle <strong>Inès Adour</strong>, diététicienne-nutritionniste diplômée d'État depuis 2011. Mon parcours associe formation initiale et expertise santé publique : BTS Diététique au Lycée François Rabelais (Paris 11e, 2011), Diplôme Universitaire « Obésité, biologie, prise en charge » à la Sorbonne (Faculté de Médecine, 2014), Master 2 « Santé Publique – Nutrition » à l'École des Hautes Études en Santé Publique (EHESP, Rennes, 2018).</p> <p>J'ai exercé cinq ans en consultation hospitalière au sein d'un service d'endocrinologie-nutrition (Hôpital Bichat, Paris) et trois ans en cabinet libéral spécialisé dans l'accompagnement des troubles du comportement alimentaire et du surpoids.</p> <p>Pour <em>Diététicienne Nutritionniste</em>, je rédige et relis les articles sur la perte de poids, les TCA (anorexie, boulimie, hyperphagie, orthorexie), la chirurgie bariatrique et l'éducation thérapeutique du patient. Je m'appuie sur les recommandations de la <a href="https://www.has-sante.fr/" rel="noopener" target="_blank">HAS</a>, l'<a href="https://www.anses.fr/" rel="noopener" target="_blank">ANSES</a>, et les protocoles de la <a href="https://www.gros.org/" rel="noopener" target="_blank">Société Française de Nutrition (SFN)</a> et du Groupe de Réflexion sur l'Obésité et le Surpoids (GROS).</p> <p>Membre de l'<a href="https://www.afdn.org/" rel="noopener" target="_blank">AFDN</a>.</p>

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